Nous revenons (éclatés) (ça vous interesse, j'en suis certaine) de huit jours de vacances dans l'île d'Aphrodite. Avec google, Internet, tout le toutim, ça sera difficile de rester beaucoup plus longtemps mystérieuse, donc soyons clairs: nous revenons de Chypre.

J'ai passé les vacances les plus sublimes qui soient, je pourrais m'en tenir à cette phrase, merci, bonne soirée, sinon, le changement d'heure, difficile ou bien?

Pour tout expliquer, j'ai remarqué ça: quand dans la vie certaines choses me font l'effet d'une bombe, que ces choses m'ébranlent, m'impactent, me remuent jusqu'au dernier poil du dernier orteil (rhhha comme c'est drôle), je suis partagée entre deux sentiments parfaitements contradictoires: l'envie de crier au monde entier "regardez/écoutez/connaissez ça, c'est trop bien", et l'envie de n'en parler à personne, pour que personne ne vienne saloper mon néo paradis.

Cette ambivalence, je me souviens l'avoir eue pour Noir Désir, ou pour Zebda: je trouvais leur son cool et génial, mais je ne voulais surtout pas que des milliers de gros boeufs se mettent à crier Tostaky, ou Tomber la chemise, un soir de beuverie par exemple, sous prétexte que leur son était devenu populaire. Vous comprenez cette ambivalence?

Donc j'étais vraiment embêtée avec le fait de montrer ou pas ce pays que j'ai découvert, qui m'a attrapé le coeur et tous les sens. Mais je le fais parce que sincèrement, il mérite qu'on le reconnaisse, qu'on l'aborde doucement, et qu'on se laisse emporter.

(Bonjour, ceci était l'introduction relou du jour).

Donc Chypre, île de la naissance de la légendaire Aphrodite, île méditérranéenne au carrefour de plusieurs influences, qui se font sentir absolument. Héritage gréco-romain d'abord, avec des vestiges dignes de ce nom, susceptibles de séduire le Poupoune le plus addict à sa nintendo DS, de vastes sites archéologiques où l'on déambule sous le soleil (d'octobre, certes, mais la fille du sud que je suis vous met en garde: c'est pas le même soleil d'octobre que sur la côte d'azur. Ici y'a moyen de choper un vrai, un profond coup de soleil même en ce mois "automnal"). Une histoire marquée par les occupations successives (d'où les monastères byzantins, et leurs icônes incroyables), turques (la ligne verte sépare le pays en deux, il est possible de se rendre dans la partie sous occupation turque sans problème, en veillant simplement à respecter les horaires aux check-points, et à respecter les traditions. Ce qui vaut d'ailleurs pour n'importe quel endroit du monde). Le grec est la langue officielle, mais l'ancien comptoir brittanique pratique la langue de Shakespeare quasiment partout. Les panneaux signalétiques sont à ce titre parfaitement lisibles (non, parce que le grec moderne, les amis, pas question de se dire "je vais déchiffrer, j'comprendrais bien..". Non, ce n'est pas le cas).

Que dire qui ne serait pas terriblement cliché? Parler de l'hospitalité des gens, de leur spontaneité et de leur chaleur humaine, oui..il n'y a pas d'insistance, pas de baragouin inutile, les gens se laissent aborder naturellement, et aiment lier connaissance. Ils aiment parler de leur pays, de leurs coutumes, et ce n'est pas un topique de guide touristique.

Nous n'avons fait que de très courtes haltes dans les grandes villes, et mis le cap sur les coins sauvages de cette île qui veut bien se laisser découvrir, si on lui accorde du temps: il faut marcher longtemps, rouler dans des chemins caillouteux, se perdre dix fois pour tomber par hasard sur les paysages parmi les plus beaux que je n'aie jamais vus. La mer peut surgir à la vue entre deux collines arides, les petits villages de la rase campagne peuvent se révéler fleuris par les couleurs les plus ahurissantes qui soient. On se perd dans la campagne et on tombe sur un figuier cinquantenaire qui donne des fruits incroyablement bons, on entre dans une minuscule maison demander sa route, c'est en fait une échoppe où l'on prépare le repas du soir dans le four traditionnel.

On croit connaître la méditerrannée, ses fruits et ses légumes depuis son plus jeune âge, on croit avoir goûté le summum gustatif et on se retrouve émue aux larmes devant un fromage de chèvre (tout va bien, ne vous inquiétez pas) (j'ai vraiment pris une sacrée gifle d'amour là bas). Et quand on croise les fameuses petites chèvres au sommet d'une colline, dans ces paysages incroyablement beaux et lumineux, on regarde alentour et on comprend pourquoi tout est si bon ici. Le soleil ne part pas, le ciel est toujours bleu, les grillons chantent dans la fraîcheur de la montagne. 

Je me suis sentie totalement heureuse dans ce pays, en phase avec ce que j'aime, avec mes centres d'intêret, ma façon de concevoir l'existence, dans des lieux que j'ai l'impression d'avoir toujours cherchés, à la fois familiers et exotiques, à la fois sauvages et doux.

 

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