Aujourd'hui, busy day: la pré-rentrée.

La pré-rentrée, c'est le moment où les enseignants reviennent, où l'on passe deux heures à se raconter ses vacances, à se montrer sous un jour meilleur, en sachant que le pire est à venir. Le pire, ce peut être les classes pleines d'ados rebelles en phase hormonale ascendante, les problèmes de connexion, l'heure des conseils de classe.. Des problèmes, il y en aura.

Aujourd'hui, j'avais mis ma bonne humeur (et une blouse à manches longues) (n.b: mauvaise idée) et mon sourire number three (celui dédié aux instants de joie presque pas feinte, une joie à peine assombrie par un tout petit nuage minuscule), parce que j'ai décidé que cette année scolaire serait la mienne.

J'ai bossé corps et âme pendant près de dix ans au sein d'un service pointu et exigeant, en allant certainement trop loin dans mes limites personnelles, physiques, psychologiques et mentales, en triplant les bouchées doubles, comme un petit soldat de plomb. Je travaille désormais dans un service où j'ai été désirée (non, tout va bien avec mon schéma familial, hein) et où je sens à la fois une certaine appréhension ("N'a t-on pas placé la barre de mes compétences trop haut? Vais-je décevoir?") (genre Usain Bolt, qu'on attend toujours avec dix mètres d'avance) (sauf que je suis blanche, petite, et nulle en course mais c'est une image), et une certaine quiétude à être attendue de la sorte. Le challenge me fait pousser des ailes. 

Pour avoir testé et vécu d'autres formes d'attentes/performances, et avoir réussi des choses délicates ou techniquement difficiles, je crois que les dix dernières années m'ont formée bien au delà de ce que je croyais. J'ai appris, en me les imposant, la persévérance, l'exigence, l'abnégation, le toujours-plus-haut-toujours-plus-fort, en m'interdisant d'être faible, ou fatiguée, ou râleuse, et sincèrement, cette lutte m'a construite d'une façon intense. 

En même temps, fallait bien trouver du positif dans ce sac de noeuds où on m'emmêlait. Mieux valait également disposer d'un mental de guerrière dans cette décénie, parce que sincèrement, il y aurait eu de quoi tomber malade. Je ne veux plus être en position de tomber malade, et cette espèce de machine qu'on m'a parfois reproché d'être...ben c'est moi. 

Donc ceci est presque un mémento à ma propre attention: ne change pas, petit soldat, ce n'est pas toi qui tombera dans ce monde de fous.