Les vacances, c'est très chouette pour les enfants: on se couche/se lève à des heures pas vraiment raisonnables, on plouffe dans la piscine ou dans la mer -quand il n'y a pas de méduses- -non parce que là y'en a, et ça gonfle un peu la mère aussi-, on traîne en calcif toute la journée, on mange trois glaces par jour en regardant Mon oncle Charlie, bref, la veuraie life.

Sauf quand ta mère, cette sorcière, t'impose des exercices de Bled et des lectures "toutes pourries" (merci, mon gnome).

Quand j'étais petite, pardon, quand j'étais enfant, c'est pas pour comparer mais les exercices d'été, pour moi, c'était cadeau. Une fois j'avais même demandé à la maîtresse de me laisser emporter le Bled pour les vacances tellement j'adorais ça. Et je m'éclatais avec les conjugaisons, les é/er, les a/à, les ou/où, ( les maths? Heiiiing? Les maths que nenni mais venez, on n'en parle pas). Ça, plus tous les bouquins que la bibliothèque municipale me laissait prendre, c'était une promesse de joies, d'heures de lectures, de journées entières au fil des pages.

Ok, ça n'est peut-être pas exactement la norme.

Ok, j'étais sûrement déjà un peu pas mal complètement cinglée. 

J'aurais peut-être mieux agi en bossant les maths, et ainsi j'aurais beaucoup moins de mal à comprendre pourquoi les flux de mon compte bancaire semblent irrémédiablement condamnés à s'assécher (voilà, je maîtrise mal la soustraction, c'est comme ça), mais je reste persuadée que d'avoir travaillé mon français me servira un jour (à plaider ma cause auprès d'une commission de la Banque de France? On n'en est pas là mais sait-on jamais).

Breeef. Ça c'était avant. Avant l'existence de la Wii, de la DS, de l'ordinateur, de l'Ipad, de vraies saloperies hyper addictives pour les enfants. Pour les adultes aussi mais on peut toujours rétorquer "à mon âge inutile de vouloir reprendre mon éducation", alors que le gosse non, pour quelques temps encore, selon qu'il soit prompt ou pas à te balancer les droits de l'enfant à la tronche. Ou pas suffisement de mémoire pour citer la maîtresse "l'école c'est pour les études, les vacances c'est pour le repos, tu me dis qu'il faut écouter la maîtresse alors hein, je comprends plus rien moi" Ou de te sortir des arguments parfaitement imparables "Ah oui, pourquoi je travaillerais sans contrepartie alors que toi ou Papa vous travailleriez jamais s'il n'y avait pas de salaire?? C'est ça l'exemple??" (bien vu, et encore..même avec un salaire j'ai pas envie, mon coco..)

Mais voilà, aujourd'hui j'ai accepté de traiter Poupoune comme un pré-ado, j'ai consenti que je pouvais aussi aller dans le sens de travail=récompense (en même temps, l'argument m'a un peu prise de court) (hahem, elle est où ma précieuse dialectique là?), et je me suis retrouvée à lui promettre un IMac (un hamac? un Big Mac?, c'est pas ça qu'on avait dit tu es sûr Poupoune??) s'il obtenait les félicitations les années à venir, jusqu'au BEPC. Oui, parfois il faut savoir plier un peu pour encourager les troupes. Et pour Poupoune, pas la peine d'aller plus loin, il serait tout à fait capable d'avaler les programme de tout le collège, de la 6eme à la troisième en l'espace de deux mois et demi, histoire d'avoir son ordinateur.. 

2 août, premier jour d'économie. Quelque chose me dit qu'en matière de plaidoirie l'élève nettement dépassé le maître.