Demain, c'est la fête de la musique, l'été, le week-end, trois sujets de choix pour écrire un post intéressant, mais plus je me penche sur l'opportunité de me montrer intéressante, plus j'ai l'impression de travailler en heures sup' nocturnes non payées.                  

Comme s'il fallait surtout, avant tout et par dessus tout que je ne réflechisse pas, que mon cerveau ne fournisse d'effort à aucun prix, n'essaie même pas de produire un ensemble cohérent de mots, agencés selon un ordre grammaticalement justifié.

Comme si à l'approche des vacances, il devenait urgent et vital de déconnecter de toute prise sociale, professionnelle, de débrancher de tout en fait (du langage humain aussi, que voulez vous, j'ai l'esprit tordu et mes connexions cérébrales se font de manière totalement désordonnée, comme des jeunes filles enfin ivres un soir de bal du 14 juillet après trois ans en pensionnat suisse) (genre). 

Pour concrétiser cette tension de tout mon être vers le néant intellectuel, je ne réponds qu'aux questions relatives à

-1) la mer, la plage: l'eau, elle est hot? Méduses? Vagues ou rouleaux?

-2) la bouffe: l'eau, elle bout? Calamars? 

-3) la facade: la robe, elle est hot? Mes cheveux, mini-vague ou gros rouleaux?

Notez bien que les mêmes questions peuvent s'appliquer à tout un tas de choses, et mes réponses aussi. Tout cela est parfaitement interchangeable, dans un souci de simplicité. Il s'agit finalement de modifier ses priorités: dorénavant, l'hypothétique chute spectaculaire du taux de réussite au bac m'intéresse moins que la chute du nombre de degrés de la méditerranée, la perte de manuels scolaires m'angoisse moins que l'oubli de mes lunettes de soleil, l'augmentation de l'indice UV du jour compense favorablement la stagnation de mon indice salarial, bref, si je me baigne, tout baigne. (Les soldes de l'humour, c'est par ici). 

J'ai envie de beaucoup de trucs, dans le désordre: porter des jupes longues pieds nus, des créoles, des barrettes à fleurs d'hibiscus, du vernis rose fluo, des maillots de bain en guise de soutif , envie de me coiffer avec les doigts, de sauter dans les grosses vagues, de vivre de soleil et d'huile solaire. Éventuellement, tout ça en même temps, la fête est plus folle.

C'est plus fort que moi, je n'arrive plus à tenir compte des choses "sérieuses", à songer à préparer la rentrée, simplifier les démarches, convertir les heures comptables en....ZZzzz. En revanche, mon coeur peut brusquement s'emballer face à un débat crucial du type "extensions à froid ou tissage? Pourquoi la french pédicure? Acide hyaluronique ou parasol? Fouta ou drap de plage?"  Que du lourd, n'est ce pas. Non, ce n'est pas le moment de me proposer un dialogue (ni même un monologue, c'est dire le level de renonciation) sur l'avenir du pays, la crise, le chômage des jeunes, des moins jeunes, je n'y suis plus du tout.

Qu'on aille pas me dire que je suis difficile après. La fille qui est heureuse avec une paire de flip-flop et une pagaie n'est pas exactement un modèle de contestation, ni de révolution (quoique l'idée d'une révolution à coups de pagaie soit très séduisante, c'est à creuser) (oui, comme on creuse un trou dans le sable pour garder la fraîcheur de sa bouteille de flotte, voilaaaa). 

Ce qui est difficile, c'est de compter les jours qui me séparent de cet eden plein de soleil, de Vogue spécial summer, d'immersion dans la grande bleue, de fracas des vagues en bruit de fond. Donnons le change, en attendant.