Bonjour le monde, je ne m'apprête pas à me coucher, malgré qu'il soit approximativement 23h30, c'est à dire veillée en langage Simone (je me donne parfois des surnoms, dans l'intimité) (il faut savoir se surprendre, malgré l'érosion des années). Je ne  m'apprête pas à dormir pour une bonne raison: j'ai pioncé l'équivalent de trois heures, quasiment tout l'après midi en fait, alors qu'au départ l'objectif était simple et sans malice: fermer les yeux en position allongée. Les hommes de la maison ont regardé du rugby avec le son puissance douze milions, en criant, en agitant leurs bras, leurs jambes, leurs majeurs, ça ne m'a même pas faite ciller (en même temps, les yeux fermés..), et je crois que j'aurais pu tout bonnement être morte plutôt qu'endormie, ça n'a pas eu l'air de poser problème. Enfin, comme il faut bien bouffer, j'ai été tirée de mon sommeil vers 18:56, donc présentement, je suis en phase de réveil actif, d'attaque pour dévorer tout cru le monde de la finance internationale, à cela près que je n'y comprends rien.

Hier j'avais trois cent idées d'articles -au moins-, sur des sujets captivants comme le printemps arrive, comment déglacer un roti de veau au vinaigre, jouer au Nain Jaune, commettre un meurtre sur son lieu de travail pour le bien de tous (oh hé, y'a pas que le Pape qui veut le bonheur de la communauté) et faire disparaître le corps en respectant le tri sélectif, survivre à l'idée qu'on va devoir se laisser arracher une dent (en plus c'était la semaine du don d'organe au boulot) (vous comprenez pourquoi on finit par avoir des envies de meurtres?), et pis finalement, j'ai tout envoyé paître.

Déjà, pour le printemps, c'est rapé, la pluie tombe, la neige aussi (à Cannes!!! À Cannes?!?! Remmmmmbouuuursez!!), ou sinon on se gèle, je ne quitte plus mes bottes de moto, ou bien ce sont elles qui ne me quittent plus, je ne sais pas, des flaques de flotte de partout, le ciel est gris à un point tel qu'on se demande qui ça amuse, les vêtements dans les boutiques sont 1) inenvisageables (vert d'eau avec le teint d'hiver, c'est une pub pour les antidépresseurs ou bien) 2) trop légers pour la réalité des températures (c'est une pub pour Oscillococcigrue ou bien) 3) j'ai pas de 3, mais je n'aime rien de ce que je vois, et dieu sait à quel point d'habitude le moindre oripeau printanier est susceptible de déclencher des folies vestimentaires totalement débiles et inconsidérées chez moi. Là, non.

J'aurais plutôt tendance à m'orienter au rayon corde, gaz, drogues dures, rasoir à triple lame, tellement tout m'emmerde.

Ah oui d'ailleurs, j'oubliais: ce post n'est pas gai, autant le savoir. Le boulot, je ne m'étalerai pas. Encore que, si, je m'y étale entre sept et neuf heures par jour, c'est vrai..mais ce n'est pas de gaité de coeur. (On me fait remarquer très justement que ce n'est jamais de gaité de coeur: certes, mais là, c'est le pompon). Une collègue s'est pété la jambe, et la perspective de 90 jours sans sa présence me donne envie de retourner me coucher. Ma copine du bureau d'en face se tire en stage, et je n'ai donc pas la perspective de son sourire radieux pour enluminer mes journées, mes repas à la cantine, mes pauses cafés, la panade, oui .  Comme une misère arrive rarement seule, on se fritte entre filles du même staff, et si c'est précisément ce point que je ne souhaite pas évoquer (ahbah c'est raté), la morale de l'histoire est: on peut vraiment aller très loin dans les retranchements de la mesquinerie, de la moquerie, de la mocheté lorsqu'on se fighte au boulot. Femmes au bord de la crise de nerfs, version navet réaliste insupportable. 

La nature humaine, je sais pas, mais la nature professionnelle est de temps en temps très très laide. Bouh, très laide. Du coup, nous boudons plus ou moins, oui, comme quand on a cinq ans mais en beaucoup moins meugnon, hein, on ne se dit que les trucs nécéssaires, on évite de se croiser, en essayant de garder une surface abordable car les gens autour n'y sont pour rien, bref, degré zéro de l'utilité, de l'intelligence, j'ai de grandes discussions avec mes fonds de tiroir et mon taille crayon (Albus, oui, je lui ai donné un petit nom ) et lorsque je sors du taf c'est pour observer à quel point le ciel est d'une non-couleur totalement fade et déprimante. Voilà voilà.

Bref, c'était un billet pesant, aussi, la prochaine fois, tout aura changé, je vous parlerais des rayons chauds du doux printemps enfin parvenu jusqu'ici bas, du résultat bénéfique de notre crise de calcaire collective au bureau, de la collection hyper séduisante qui ne tardera pas à débouler tel un miracle dans les rayonnages de Monop', mais en attendant je vais aller prier saint François, François Hollande, François Mitterand, voire Frédéric François, pour que tous ces espoirs se réalisent.

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Bottes Caterpillar, taimle crayon talisman (aka Albus)