D'abord, pardon pour le titre. Pitié pour le titre? 

 


image                                     Le mois de février se termine, c'est une période difficile que je ne suis pas fâchée de laisser passer, en attendant le printemps qui arrive. 

Je n'ai pas mis un pied chez moi depuis quinze jours, j'ai hâte de découvrir les travaux de la salle de bains, globalement, j'ai envie de passer des heures dans la salle de bains. Être chez les autres, c'est chouette, mais au bout de quelques jours, à moins que la maison soit hyper grande (ça arrive), je me sens "de trop", j'ai l'impression de gêner, d'occuper trop d'espace, d'utiliser trop d'eau (voui, je suis une hôte très discrète, invitez moi, j'ai l'habitude de m'auto-asservir quand je dors chez les gens, c'est à dire qu'au bout de deux jours, je fais toutes les vaisselles, le ménach', la couichine, où est la cherpillère? Non, je ne dîne pas, faut que je fasse des lessives, merci madame, vous êtes trop bonne).

Donc je ne suis à l'aise qu'une paire d'heures suivant mon arrivée, suite à quoi j'essaie de me planquer sous les tapis, derrière les rideaux, dans les placards, pour faire oublier ma présence que je juge lourde et pesante, alors autant dire que squatter la salle de bains des gens avec un masque de six centimètres d'épaisseur, avec un cataplasme sur les cheveux, en me vernissant les ongles de pieds = impossible, même sans chanter Vanessa Paradis.

Mes rituels beauté se sont composés de: masques faciaux à l'air pur, sauna des pores à la vapeur de cuisine, limage des ongles sur carrelage de terrasse en terre cuite, detox hépato-cellulaire à la raclette, régime protéiné au saucisson, hydratation au coca cola, épilation à la force du mental (résultats très mitigés, je dois le reconnaître), coupe des fourches avec les dents, lectures intellectuelles de BD, tout ça.

Autant dire que le concept ne risque pas de faire fureur. Pas après -400 000 avant JC, du moins.

Donc je suis relativement impatiente de rentrer chez moi, m'allonger en travers de ma salle de bains toute neuve, en laissant la porte ouverte, de récupérer tout ce qui se récupère, d'ordinaire, durant les vacances: ma peau qui étouffe sous les peaux mortes (burk), mes cernes doublées de bouffissures (oui car lorsque je suis invitée, je n'ose pas non plus baisser le chauffage, fût-il à coté de ma tête la nuit quand je dors, donc les réveils peuvent être très durs, physiquement parlant), me peindre les ongles de tous les doigts dont je dispose (20, en tout, exeptionnel, oui).

On peut deviner que les jours, voire les semaines à venir vont révéler des trésors de superficialité, des quantités astronomiques de fille-attitude, de soins zélés à ma petite personne, des litres de démaquillant et d'après-shampooing, de séances passionnées de maquillage, de boucles d'oreillage, d'échanges puissants entre mon reflet spéculaire ("Kim, es-tu vraiment assez blonde?")(je me surnomme Kim, parfois) (ahem, privez une femme de ses ablutions, voilà ce qui arrive).

Mais en attendant ces heureux instants, quelques photos de ma couleur actuelle de cheveux, que je trouve fabuleusement divertissante, divertissante signifiant attrayante, dans la mesure ou chacun de mes cheveux propose une palette de couleurs variées, différentes les unes des autres, sans aucun rapport avec la racine ni avec la pointe non plus, sans aucun rapport avec rien, oui, si on va par là. 

  Vous pardonnerez la piètre qualité de la prise de vue d'une part, le découpage de ma tête d'autre part (vous n'imaginez même pas la taille de mes cernes c'est déprimant) (surtout pour moi), ceci ne sert que de base.

J'ai utilisé le kit décolorant Kéranove Blond vacances. Exit le bonnet, exit les conseils prodigués par la notice d'utilisation. J'ai coiffé (enfin non, justement, PAS coiffé) mes cheveux en chignon flou, complètement lâche, et laissé sortir des mèches de manière complètement aléatoire, en prenant soin néanmoins d'en choisir pas mal autour du visage, sans que cela corresponde à l'encadrement proprement dit. J'ai appliqué le produit à la main (avec les gants, bien sûr) j'ai attendu en vérifiant de temps en temps la réaction de mes cheveux (en vérifiant autant la réaction de mes cheveux que celle du tee shirt que je portais) (tee-shirt qu'il vaut mieux choisir dans la catégorie "pyjama serpillère" que dans "mon Kenzo préféré", parce que la puissance d'une décoloration est parfois mésestimée) (j'en ai niqué, des tee shirts). Le grand risque, hormis celui d'être ridicule ainsi parée, hormis celui d'avoir les yeux qui pleurent parce que le produit pue comme il faut, le risque est d'être tenté d'utiliser tout le produit. J'ai beaucoup de cheveux, certes, mais je n'utilise qu'une infime quantité de la préparation, un petit-petit tiers.  Oui, c'est un peu du gaspillage. Non, on ne doit surtout pas essayer de conserver la préparation. Mais non, on n'utilise pas TOUT sous prétexte que ça nous a couté 16€ (environ) et qu'il en reste. Et encore non, on ne décide pas, dans un moment de délire économe, de devenir intégralement blonde. 

Même si je suis une farouche défenseur de l'idée de s'amuser avec sa chevelure à moindres frais, faut pas déconner: une décoloration complète et réussie, en dehors de la réflexion sérieuse et des soins intensifs que cela nécéssite, cela se passe chez un vrai coiffeur. Pas en trente deux secondes dans sa salle de bains.

Voilà. On ne transige pas non plus avec le rinçage. Je connais une fille qui a senti littéralement ses cheveux continuer à décolorer une soirée entière (alors qu'elle était invitée) (et qu'elle se refusait à squatter la salle de bains de ses hôtes) (en même temps, vous imaginez la scène: "qu'est ce que je vous sers à boire?  Attendez, je peux utiliser la salle de bains? vous avez du shampooing? vous avez une serviette? Vous avez un sèche cheveux? Hein? Vous avez du Tariquet?") (la honte) parce qu'elle avait négligé le rinçage, et qui a eu bien de la chance de ne pas perdre ses mèches dans la bataille. 

 

Pour la précision, j'ajoute que si j'ai trafiqué les photos, c'est pour mieux rendre compte du contraste obtenu (pas pour faire oublier une éventuelle peau en berne, des positions du cou malheureuses, ou le port de lunettes de soleil dissimulant un faciès ravagé par la fatigue et trahi par l'absence de maquillage, n'est ce pas).

Voilà. Vous savez dorénavant comment occuper une heure de votre temps en tentant des expériences capillaires sans grand danger. J'attends que l'été vienne appuyer ce résultat, si il n'arrive pas assez vite j'imagine que je recommencerai jusqu'à obtention d'un rendu ultra blond (je ne vise à aucun moment le naturel, j'ai juste succombé X 1000 à la fantaisie).

 

La prochaine fois, je vous expliquerai combien il est bon de retrouver sa garde-robe après quinze jours passés à porter trois tenues différentes (un short, un pull noir / un jean, un autre pull noir / un jean noir, un autre pull noir), parce qu'on est faiblement inspirée lorsqu'il s'agit de penser ses bagages, et nulle à mettre ses idées clairsemées en pratique. Je ferai un développement sur "présumer qu'on fera du sport et oublier ses baskets à la maison" "emmener quinze slips pour ses hommes et en ramener quatorze propres sans avoir fait tourner une seule machine" (*magie*: mot, concept, application masculin & singulier), "comment prendre douze centimètres cubes de gras par centimètre carré de peau", bref, du rêve du rêve du rêve.