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photo HomarPayette

 

Hier soir, alors qu'une soirée d'hiver particulièrement froide et...froide n'attendait que moi, deux aiguilles, et un tricot long comme le Nil, j'ai sorti ma plus belle humeur pour sortir assouvir l'une de mes plus énormes passions (non, pas la panna cotta).

Au Palais des festivals (le Bunker, quôaa), il y avait Break the floor, un spectacle de hip-hop, qui draine de plus en plus de monde (c'est à dire que la manifestation affiche complet de plus en plus vite, mais moi, petite rusée que je suis lorsque quelque chose m'intéresse, j'avais ma place depuis novembre, hinhinhin). 

Au départ, je me suis dit "un countest de breakdance, ma fille, m'enfin, tu as perdu le sens commun ou quoi? Tu as vraiment envie de faire grimper la moyenne d'âge, dans un truc où tu vas à coup sûr croiser environ 6000 personnes de moins de 17ans? Est-ce bien sérieux, tu ferais pas mieux de te tricoter une écharpe pour les jours de gel polaire, de cuisiner un gigot de chevreuil ou de regarder Jean-Pierre Foucault (ah, on me dit que Jean Pierre Foucault ne présente plus d'émission tv, mon dieuuuu ce que les temps changent..)?"

Ensuite, je me suis rapellé que premièrement, je ne pourrais pas croiser six mille personnes car le grand auditorium n'en compte que 2500. Que l'histoire des moins de 17ans, c'est suffisamment mon quotidien pour avoir le droit d'assister à un truc qui a priori les concerne. Je dis a priori parce que le breakdance et consorts, même s'il semble frais et tout neuf, c'est avant tout un art (ah oui madame) qui date d'hier, des années 70, donc grosso modo, une discipline plus old school (oui, allo, on m'a appelée?) que "à la mode" (à la mode est une expression terriblement old school, mais j'ai décidé d'assumer pleinement ma soixantaine, merde)(ma vulgarité aussi) (vous savez, ce n'est pas simple de s'assumer vulgaire à soixante ans quand on kiffe le monde de la rue).

Que les b-boys sont une sorte de passion secrète (?) depuis mes quatorze ans, que j'ai parfois un peu de réserve à admettre que je suis complètement fan de hip hop, de streetstyle, de culture urbaine et suburbaine, de rap aussi, que j'ai écouté Run DMC, Public enemy, les Beastie boys et plus tard Dr Dre, ou Ntm, que je les écoute tous encore d'ailleurs, que je tombe instantanément amoureuse de n'importe quel gusse pour peu qu'il porte une casquette à l'envers, un sweat trop large, et qu'il se déplace en sautant sur un coude (ce qui réduit considérablement les candidats), que si j'entends Jump around, à un moment donné, un fusible saute dans ma tête et je pousse des cris comme une vierge effarouchée avant sa première soirée surprise dans une cave. (Ceci est une plaisanterie d'un très très mauvais goût, je vous prie de m'excuser, tous ces types sur scène m'ont rendue hystérique au sens noble du terme).

C'est donc ce que j'ai fait hier: crier, sauter, applaudir, danser, siffler (hein? Intenable, oui, exactement) devant ce spectacle hyper physique, hyper rythmé, fascinant et plein de bonnes vibrations. Je ne vais pas vous raconter les racines du bboying, parce qu'avec internet, on trouve des articles qui le font bien mieux que moi. Simplement, ce que j'adore dans l'essence du breakdance, c'est l'idée de transcender la violence que l'on peut avoir dans la rue, dans les quartiers difficiles, dans un monde qui s'arme, se bat, se range dans des gang sanguinaires (même si ma vie en est parfaitement éloignée), qu'on puisse grâce au mouvement, au beau mouvement, grâce au son aussi, dépasser cela et faire vibrer le monde. 

Voilà, j'ai passé un pur moment, merci, j'ai la pêche pour une semaine.

Juste un mot sur le public: ça m'apprendra à être radicale (tiens, c'est bizarre?), le public était de tous bords: jeunes, très jeunes, vieux, très vieux (oui, ils commentaient les figures, j'ai adoré), gens des quartiers, dâââmes emperlousées et bobos à lunettes, cadres sup' qui se lâchaient à fond, quand je vois un parterre aussi mélangé et brassé, qui vibre ensemble, et bouge ensemble, ça me rend heureuse ET J'AI ENVIE DE PLEURER. (Elle est sensible).

Sinon, on nous a présenté le boulot super beau d'Homar Payette, photographe du mouvement au talent sublime. 

image Photo HomarPayette

 

Bientôt, je reviens vous raconter comment, après une décoloration (supplémentaire) des cheveux totalement homemade, j'assume de plus en plus mon coté Sailormoon, comment j'ai découvert la puissance et la multiplicité des produits spécial cheveux tous niqués décolorés et abimés, comment porter deux collants sous un pantalon pour cause de climat hostile, bref, la life habituelle.