On a les réveils qu'on peut, ce dessin m'a fait rire, ça m'a fait penser à quelqu'un, moi par exemple, surtout l'image de la seconde de réflexion avant la re-chute tête la première dans les draps. 

Ce matin, j'ai essayé d'effacer un rêve hyper chelou, où j'avais une relation manifestement très physique avec un de mes oncles (???) dans un phare (????) et j'étais poursuivie par de drôles de bonshommes de type gnome (??!!!???), mais cette débilité m'a poursuivie assez longtemps, d'où une humeur relativement minable. 

Mon pc m'a semblé vérolé, dès que je tapais "orange", comme le serveur d'accès, un écran bizarre me sautait au visage "CE SITE EST INTERDIT!!!". Suite à mon repas à la cantine (mon dieu que ma vie est paaaaassionnante), je cherchais le nom de l'hybride qu'on nous avait servi en dessert, à savoir un croisement entre la mandarine et l'orange, et là, re-belote, "CE SITE EST INTERDIT". Bizarre. Le mot "Orange" déclenchait à chaque fois une méga censure que j'ai observée en me grattant le crâne, en tournant et retournant la curiosité de cet interdit dans ma cervelle, et je n'y comprend toujours rien. Il est 12:45, je ne serais jamais informaticienne, c'est une évidence, mais quand même, il y a des mystères qui me bousculent. 

Comme je n'avais pas le choix, et que j'aime bien mériter mes émoluments (du moins ne pas avoir l'impression de voler l'entreprise), j'ai passé quelques heures à boucler des conneries administratives hyper lourdes et passablement bêtifiantes, durant lesquelles mon chef, qui a bien saisi mon incapacité à gérer deux trucs en même temps, en l'occurence administrer et réfléchir à une réponse intelligente, en a profité pour doubler la quantité de choses et d'heures de ma petite personne la semaine prochaine, ainsi je me retrouve avec une semaine à venir où je vais éclater la quotité horaire autorisée, rivaliser avec les mineurs de fond dans le volume d'excavation de papiers et documents, tirer la bourre à tous les cadres dirigeants du monde réunis par une quantité de boulot dantesque, que j'ai acceptée, de mon plein gré, limite avec le sourire, juste parce que je suis trop conne pour vaquer à une activité en gardant un neurone suffisamment vaillant pour crier des trucs de type: "trois fois non, bordel de merde". 

image Calibrage des suppositoires, 1951.

Finalement, en optimisant, on peut aussi envisager que c'est une chance d'avoir un taf par ces temps de crise, que c'est génial de passer quasiment toute sa vie au boulot, en laissant Poupoune à l'étude dirigée, jusqu'à ce qu'il fasse nuit, sans avoir eu le temps de préparer son goûter parce qu'en partant dès potron-minet, tous les magasins sont fermés, parce que les commerçants ne bossent pas la nuit, bande de feignasses, génial de criser en voyant les minutes galoper et te doubler en te donnant des coups de pieds dans les genoux, génial de décompresser en trente minutes pour avaler un repas cantinier gastronomique, dans le brouhaha, d'avoir le temps de pisser une seule fois par jour -à un moment où on n'a pas envie-, de rentrer chez soi à l'heure où on ferait mieux de dormir, finalement, il suffit de déplacer son énergie sur autre chose, oui. 

Oui, qu'est ce qui me dit que, somme toute, la vie ainsi n'est pas pleine de sens et de speed, d'énergie, de positive attitude, de power suprême? Qu'est ce qui me prouve que c'est si important que ça d'avoir le temps de vivre? Alors? Qu'est ce qu'on en a à foutre finalement de l'épanouissement personnel, de l'estime de soi (oui parce que moi à moins de huit heures trente par nuit, j'appelle ça du manque d'estime de soi), de la santé, du temps libre, du sport, d'avoir dix minutes pour ravaler sa façade le matin, et quatre pour prendre une douche le soir? Qu'est ce qui me prouve que l'existence n'est pas se préparer un Bolino pasta-poulet-tarte tatin au microndes, en buvant les cafés immondes du distributeur?

Ceci était: la leçon d'autosuggestion du soir, avec laquelle je vais me bourrer le mou tous les jours restant jusqu'à ce que la semaine prochaine soit finie. J'invoque les Dieux de la conviction, de la persuasion, de l'illusion, les idoles de la foi crédule et de la naïveté, et j'aurais bien entamé une petite danse de la force histoire de me convaincre encore plus sauf que je ne peux pas, trop d'intendance.

 

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