l'hiver Si l'été est un ami qui part, l'hiver est un boulet qui s'incruste.

 

Grosse hésitation sur le sujet du jour, tant je croule sous les choix multiples: parler de ma journée de m*? Traiter de ma semaine de m*? Évoquer les fois où j'ai dû annuler des moments de plaisir pour des raisons de m*? Envisager d'écoeurer tout le monde avec le récit des repas de m* dont la cantine entrepreuneuriale a jugé bon de me servir? Discuter de la nullité de mon inspiration vestimentaire? Tout ça à la fois? Vous êtes sûrs? Vous voulez une corde?

Premier constat, depuis le début de la semaine on se gèle, les amis, la France se les caille, il tombe un froid terriblement cruel, j'ai pleuré quand mes doigts de pied ont tâté du carrelage au réveil, j'ai pleuré quand il fallut s'habiller même contre le chauffage puissance à bloc, j'aurais volontiers pleuré en sortant de chez moi si le vent polaire qui me cinglait la gueule à grands coups de gel pétrifiant ne menaçait pas de me coller les paupières, juste par méchanceté hivernale, comme ça.

Heureusement  j'adore me fringuer comme une échalote, avec dix couches d'épaisseurs qui se collent les unes aux autres, qui acceptent de se détacher uniquement en libérant de l'électricité statique, donc c'était génial: un collant sous les leggings eux mêmes sous le jean, des bottes une doudoune un bonnet un pull un gilet une chemise et un tee shirt en dessous, totalement AFFREUX, on est bien d'accord (et pas confortable, surtout lorsqu'on veut amorcer un virage: engoncée ainsi, on n'avance qu'en ligne droite). Mais tout cela, en revanche, ne dissimule ni le nez rougi, ni les gerçures de la bouche, ni le cheveu électrisé.

Dans le bureau, par contre, on n'a pas lésiné sur les chauffages d'appoint, on peut même aller jusqu'à parler de Chauffage Party, ambiance: "tout le monde emmène le sien", on pète littéralement de chaud, donc on se déshabille (et c'est loooong), jusqu'à ce qu'un connard (j'aime les gens) trouve sympa de venir dire bonjour, ouvre la porte en grand et t'envoie le courant d'air en plein dans le cou ( j'étais en train d'essayer de remettre une de mes chaussettes qui avait fusionné avec mon collant et avait roulé au fond de ma chaussure).  Le cou, l'endroit ou le rhume vient planter ses crocs morveux pleins de vilenie.

Mes élèves sont tous malades, mais infichus de me filer un seul petit microbounet qui me permettrait de rentrer me coucher deux jours au chaud (radins), mes élèves n'ont pas froid et restent en tee shirt sexy sans la moindre chair de poule (saloperie de jeunesse), ma direction demande de baisser le chauffage donc la consommation exponentielle est susceptible de faire sauter l'électricité sur tout le site (alors que si tout saute, ma foi, on rentre tous à la maiiiiiiiiiison) (il n'est pas erroné de penser que je ne contribue pas toujours exactement au sauvetage du pays avec mon envie de travailler).

Il neige partout, mais pas ici (si, soyons réalistes: il a neigé très exactement 3 minutes 34, le temps de mon trajet maison-bureau, que j'ai ainsi effectué dans le blizzard neigeux le plus intégral, dans le noir, ou plutôt dans le blanc, Nicolas Vanier, oui, c'est moi, non, je n'ai pas changé).

Breeef. Je n'ai même pas envie de m'appesantir sur le reste tellement je n'aspire qu'à une chose: rester couchée, à me rire du vent et de la flotte que Sainte Météo a prévu pour ce week-end, hahahaha, m'en fous, j'ai dix millions de films à regarder, du sommeil en retard, du boulot à finir, des ongles à peindre, de la raclette à racletter.

Vu que j'ai soigné mes crises de froid (non mais vraiment) à coups de brioche + chocolat au riz (oui, c'est un test pour vérifier l'extensibilité de mes vêtements, demandé par la Nasa, tout ça), de pâtes à l'ail (pas en même temps) (quand même), de boulottages continuels de fins de boîtes de chocolats en me tapant la tête sur un pc qui rame-sa-mère, décidément, il vaut mieux en effet rester derrière la fenêtre à tendre un majeur rageur à l'hostilité du monde climatique.