Vous avez compris le clin d'oeil de l'intitulé, un lent lundi de re-travail, genre un long dimanche de fiançailles? C'est nul, heiiiiin?

Normal, car ce jour est nul, non, allez, soyons optimistes: ce jour est très très moyen, voilà. Ce matin, résurgence d'un monde qui n'existait plus, ce matin mon réveil ne s'est pas contenté d'afficher l'heure, fonction qui me satisfaisait parfaitement, nous vivions heureux, Réveil et moi, dans cette simplicité fruste, et là, délire mécanique ce matin il a: sonné. Sonné, à 6h45. Ça fait maaaaaaal, les amis, maaaaal.

(D'ailleurs dans un souci d'exactitude, je tiens à préciser qu'un 12 novembre, à 6h45, ce n'est pas le matin, non, c'est: la nuit.)

Je suis sortie sur la terrasse avec envie de mourir un peu, j'ai bien vu (dans la nuit) (balèze) que le jour qui allait poindre serait intensément clair, limpide, le ciel bleu avec insolence, alors que la seconde semaine de vacances, celle qui vient de passer, s'arrangeait de gris bouillasse. J'en ai conclu que Dieu manifestait un peu trop tôt son envie de m'étinceler à la gueule, genre hostile, genre moqueur même pas dissimulé, que si c'était ça le premier jour de la semaine, merci bien, retournons nous coucher.

Mais impossible, le mois qui arrive s'annonce torride, professionnellement parlant (bah oui, ç'eût été trop beau) tellement plein de fuego que si je n'y assure pas tout le long, oui, je crame dans les sept cercles de l'enfer, plus le huitième (qu'on atteind lorsqu'on a passé le septième niveau et attrapé l'étoile).

Il est 6h55, tout ça me paraît soudainement violent. Je tente dans un élan d'espoir une prière à Dieu "Youhou! Dis, serait-ce possible (oui, vu que tu es Dieu, ce n'est qu'une histoire de bonne volonté), te gréerait-il dans ta magnificience souveraine et halogène de me fournir une semaine de plus de congé dans ton auréole circonflexe de gloire ampoulée de rayons baroques gnagnamen? Non? Sûr? Deux jours? Pffffffff". J'ai compris, alors, dans le froid du matin (enfin, de la nuit) qu'il s'agirait d'y retourner. 

J'ai donc revêtu le costume des jours de labeur (je devrais avoir honte) (j'ai honte), mis du fond de teint sur ma pauvre face, du mascara sur mes cheveux (j'avais pas les yeux ouverts, excusez moi, en principe à 7h je dors, ndm*), un peu de parfum autour de moi pour flotter en odeur de sainteté et je suis repartie sur les travées de Compostelle, à genoux, en me flageolant. Ou presque. Ne pinaillons pas sur des détails parfaitement techniques et veules. 

Ahhhh le bureau...l'odeur formidable de renfermé qui émane de toi, la force avec laquelle tu me suggères de rebrousser chemin à peine suis-je entrée dans tes murs. Mon bureau!!! L'endroit le moins fait pour moi au monde. Enfin, à ce moment là de la journée du moins..

 

Après huit heures de réacclimatation, de ré-apprivoisement, de tentatives de séduction auxquelles personne ne croit (pourtant le rouge le noir ne s'épousent-ils pas? Hein?), suivies de huit heures d'émergence de réflexes pavloviens, puis cinq heures d'activité informatiques diverses (donc la blague de merde qui m'a fait la journée "une femme azerty en vaut deux, hahaha, elle est booooonne hein???" Blague que j'ai servi à tout le service informatique par mail personnalisé (tendance lourde) -Jusqu'à ce qu'un quidam sans grand charisme ni délicatesse ait le culot de souligner qu'il avait lu Marie-Claire aussi et qu'il la connaissait déjà), huit heures supplémentaires de travail concentré, oui, plus une heure de réunion, une heure de contact avec mes précieux petits élèves, deux heures de boulot en rentrant chez moi, je suis fatiguée. Mais alors fa-ti-guée. 

Bref, voilà ma conclusion: pour se remettre de deux semaines de vacances, il faut environ trente heures non stop. Après lesquelles il est fortement conseiller de ne PAS se lancer dans l'écriture d'un billet, d'un "billet rapide" non plus.

Après une journée comme ça, on se couche.

 

*Ndm = note de moi, ou nom d'une milf, ou non d'un matelas.