Yes, madam, les mystères de l'ouest, et quoi donc me direz-vous? Je répondrai: le mystère est levé. Hop, la pirouette explicative pour mon titre pourri, c'est ici.

Je reviens de vacances, absolument PAS déprimée, pour une multitude, que dis-je, une foultitude de raisons, yes madam.

- J'ai scrupuleusement ex-plo-sé mon compteur à calories lipidiques, et foutu pour foutu, croyez moi que tout va très très trèèèès bien (il faut se méfier des trèès lorsqu'ils sont appuyés, notez ça) (Ils révèlent un volume inquiétant de frénésie verbale, dénoncent une hyper-activité du doigt sur les touches de l'ordinateur, et sous tendent la névrose, yes madam).

- J'ai décidé que je n'aurais désormais ni honte ni culpabilité à savourer les bonnes choses de la vie. Les bonnes choses de la vie culinaire. Les bonnes choses de la vie culinaire du sud-ouest. (De toutes manières, c'était une honte/culpabilité de facade, une sorte de compassion à l'égard des filles tout le temps au régime, qui se plient à une discipline de fer pour avoir l'air fin avant de se sustanter d'un demi haricot vert, pendant que je noie ma joie dans le confit de canard -ai-je déjà dit à quel point je suis amoureuse de ce volatile? (Même vivant. Et en confit, alors là, pfiouu, question suivante). Donc la mascarade, allez hop, ça suffit).

- Je reviens de séminaire familio-culino-amical, autant dire qu'aux conséquences bénéfiques de mon foie repu s'ajoutent les bonheurs d'avoir retrouvé ma soeur, mon beau-frère, mes deux adorables nièces, dans un état de plaisir pas possible je suis (j'en rejette le sujet à la fin, tellement c'est la fête). 

- De Toulouse à Bordeaux, j'ai eu le loisir de m'apercevoir, pardon, de me souvenir (souvenir noyé sous les dix couches d'huile solaire nécessaires à la survie ici, sur la Riviera-ah-ah) qu'on a le droit de trouver une ville belle (notez aussi combien il est compliqué de trouver une belle vile, ohlala, quelle finesse, poufpoufpouf, Pierre Dac, sors de ce corps), plaisante, en un mot agréable, qu'il n'est pas indispensable de se faire iech (le verlan est à peine moins vulgaire que la version normale, je sais, yes madam) dans la vie. L'absence de projet (autre que : l'été prochain j'arrête l'indice 30), l'absence de perspective, en revanche, sont de puissants toxiques qui, depuis mon retour ne m'apparaissent plus aussi nuisibles qu'auparavant.

- Et pourquoi?

- Et bien parce que j'ai tout simplement décidé de dissoudre l'assemblée   qu'on allait se tirer de cette région. Tout simplement. Parce que, tout simplement, je ne peux plus la voir en peinture, en photo, je ne supporte plus la vie sous cet angle, sous cette latitude. Parce que l'idée de voir pousser mon Poupoune dans cette ville remplie de grosses bagnoles, de gros dealer, de grosses putes (hahem..excusez moi, la formule serait plutôt: de pimbêches très maigres), avec comme horizon la pointe Croisette, tout simplement: NON. Parce que je vais finir, par mimétisme inconscient, par me botoxer la gueule, adopter un chien de la taille d'un rat, le nommer Ploumkie et trouver ça rigolo. Parce que je vais finir par prononcer des trucs du style "le festival pyrotechnique m'empêche de dormir" horreur, je l'ai déjà prononcé.. ça craint si ça se trouve j'ai déja mis du doré avec du blanc en hiver foutu pour foutu j'ai peut-être même eu une opinion sur l'heure de passage des poubelles ça craiiiint . Putain arrêtez, j'ai soixante ans, et je tiens un blog. Vous voulez ma maison en viager? 

- Donc aujourd'hui, je déclare (assez unilatéralement il est vrai, Époux n'est convaincu que de manière, disons...globale, ce qui pour lui correspond quasiment à la marque de son engouement le plus massif, Époux n'étant pas tout à fait expansif, Buster Keaton, voyez, genre), je déclare, RouleRoulement de tambouR: Riviera, notre union est consommée. 

- Je déclare tout aussi solennellement que j'envisage l'émigration de notre tribu dans le sud-ouest de la France. C'est à dire que oui, on va faire en sens inverse le chemin qu'on a fait il y a dix ans de cela. Qu'on va repartir. (Le premier qui remarque qu'on opère ma tribu et moi un espèce de va-et-vient de A (le sud est) à B (le sud ouest), sans tenter la moindre incursion au delà du 45eme parallèle a gagné une carte postale). Qu'on a quitté notre région natale il y a quinze ans, on y est revenu il y a dix ans, et on en repart (si possible très vite). Non, ce n'est pas étriqué comme parcours, c'est au contraire très logique. Un joli mouvement de balancier. Qu'est ce qu'on s'en fout après tout.

- Je déclare subséquemment que je me fiche assez fort des petites contraintes que sont: l'obligation de réussir avant toute chose deux mutations professionnelles simultanées. De les obtenir à une date particulière (pas question de bouleverser Poupoune plus que ça, donc obligation de déménager aux mois de juillet-août,  obligation de pouvoir l'inscrire où bon me semble, fût-ce un collège avec deux ans de liste d'attente)(ça va, merde quoi, je leur fais l'honneur d'inscrire la prunelle de mes yeux, ils peuvent accepter une inscription sauvage autant qu'hors académie). Obligation de trouver vite une location en attendant l'achat de ma future maison que j'ai déjà imaginée.

- Dans cette perspective de Goupillage Parfait, j'ajoute que je vais trouver la vie au delà de mes espérances. La vie que j'avais envie de mener. (Quoi? J'avais dit une fois que "la vie que j'avais envie de mener" m'enverrait aux quatre coins du monde? Aussi, c'est vrai. D'où l'intérêt de prévoir d'autres alternatives. D'être complètement schizo sur les Vies Rêvées). 

- J'ai demain un billion de choses à traiter, en vrac: l'envoi de fringues que j'ai revendues sur e-bay (ça tombe miraculeusement bien, j'ai croisé le chemin d'une doudoune qui occupe le volume de ma garde robe à elle toute seule) le reformulement de mon C.V en vue du boulot de mes rêves (ah non, pardon, boulot ne peut pas rimer avec "mes rêves" , non, disons: boulot dans le futur de mes rêves), recherche frénétique de la nouvelle demeure qui va abriter ma famille, réflexion profonde sur le thème "quitter la proie pour l'ombre en temps de crise, est-ce bien raisonnable?" rejet de la question par optimisme délirant, rédaction du discours d'adieux à mon staff (sujet qui m'endort chaque soir depuis ma décision unilatérale)(j'ai l'air flinguée complet, mais je vous rassure, tout va bien), rélexion sur l'éventualité d'une coupe de cheveu en raccord avec le nouveau projet, bref, n'im-por-te quoi.

Sur ce, le lit, la nuit, les rêves (et le discours, donc) m'attendent, à moins que je n'essaye de convaincre Époux à grands coups de phrases subliminales pendant qu'il dort (et qu'en résultent de grands coups dans ma gueule pendant que je parle).

Tout ça, yes madam*.

 

* Inutile de chercher une quelconque utilité à cette ponctuation imbécile, j'ai juste le cerveau lent et la digestion longue ces jours ci.