Chers tous, je viens de trouver la solution magique pour avoir un chat en ville, à moindres frais, moindres dégâts et dans une certaine mesure, sans la moindre conséquence.

Cela fait environ deux mille ans (oui) que je réclame à cor et à cris un chat, pour que résonnent dans ma maison de jolis petits miaous, pour avoir un compagnon qui ronRonne quand je lui parle (et non qui ronCHonne, notez la subtile différence), parce qu'une maison sans chat c'est triste comme un long dimanche sans fiançailles.

Doléances inutiles, Époux, qui aime pourtant les énergumènes de cette espèce REFUSE, avec son habituel aplomb teinté de constance assassine et d'inflexibilité d'airain. Avec des arguments recevables, raisonnables (et chiants comme l'enfer), trop de responsabilités, trop de charges, et qui va le garder quand on part en vacances, etc. Chiants comme l'enfer.

Mais ce que femme veut, gniarkgniarkgniark...

L'autre matin, je quitte la maison comme à l'accoutumée, c'est à dire en maudissant le ciel (à cause du boulot, pas du chat que je n'ai pas), je tombe sur le spécimen appartenant à mes voisins, tout sage, tout peletonné sur ses petites pattounettes, et je soupire "ahhhhhlalaaaa, quel malheur infâme et désespérant, quelle perfidie de mon existence que d'avoir sous les yeux l'objet de son désir sans pouvoir y toucher ni y prétendre, Ciel, ô, ciel, qu'ai-je commis pour être ainsi punie?" (ce genre de choses).

Et là, éclair d'intell...éclair de tact: mais pourquoi n'y pas avoir songé plus tôt? (Par sottise, manque de perspective, oui, c'est une piste). JE VAIS SÉDUIRE LE CHAT DES VOISINS.  À coup de sheba, de gratouillis derrière les oreilles, (à coup de pied au cul, non quand même), mais je vais séduire le matou, qui restera "le chat des voisins" dont je respecte parfaitement le sens de la propriété, certes, mais... qu'est ce qu'on peut faire si le chat préfère venir chez moi? Hein?  S'il choisit de se vautrer sur mes genoux, manger dans ma cour, hein? On n'empêche pas un matou de mener sa vie, ils agissent comme ils le souhaitent, non? On ne va pas le battre pour qu'il ne croise pas mon chemin quand même?!  On ne sépare pas des gens qui s'aiment, enfin?!

Là où je suis très contente de ma conquête, c'est pour la garde pendant les vacances. Minou-minou pourra retourner voir sa famille à l'étage du dessus, comme un grand parent qu'on retrouve. Et là, Époux, j'attends de pied ferme l'argument valable. Qu'est ce qu'ils seront contents, les uns et les autres...Voilà. Je suis très heureuse.  Parfois, le bonheur n'est pas loin.