Fiouuuu, je m'aperçois que je poste à fréquence hebdomadaire ces derniers temps: pas bien, ça. Les semaines, à ma décharge ( pas mon bureau, hein), sont denses, fournies, pleines, remplies, tout le contraire de moi qui suis creusée, vidée, qui n'ait la forme que pour me jeter horizontalement sur le canapé en rentrant le soir (en réclamant une perf de raide boulle).

Lundi: c'est l'anniversaire de ma coupine, ça me met du baume au cœur (et du gras au corps, puisqu'on a fêté dignement l’évènement et que j'aiiiiiime les petits fours dans ce monde triste, mais on s'en fout car à midi j'avais de toutes manières mangé de façon trop light pour tenir plus de deux heures, donc zou! par ici les petits gâteaux). J'en oublie ma querelle du jour avec un bonhomme avec qui j'ai des rapports professionnels (on va l'appeler L., et il n'est pas dans mon service, heureusement pour ma survie nerveuse) tendus comme des cordes de harpe (si tant est que cet âne bâté sache ce qu'est une harpe). Pas grave d'oublier: j'en cauchemarde la nuit suivante.

Mardi: je m'aperçois comme une ahurie qu'on est mardi 19h30, à 19h30, et que le cours de barre au sol qui débute le mardi à 18h45 a débuté à 18h45, sans moi qui suis toujours campée à l'horizontale sur mon canapé (à réclamer ma perf qui tarde à venir), à râler après l'âne bâté qui m'a servi sa méchanceté du jour, aussi mauvais qu'une teigne (si tant est qu'il connaisse la teigne aussi bien que sa harpe). Un peu plus tard dans la soirée je m'enquiers d’Époux, par pur souci de sympathique politesse, Époux qui semble reclus dans le salon depuis approximativement 45 minutes, et lance joyeusement "Alors, c'est quoi le score?". Conseil d'amie: on ne demande pas le score à la mi-temps (d'un OM- Bayern, dans notre cas, ni d'aucun match en général). Peut avoir des conséquences graves, notamment au regard des températures amicales entre gens mariés. Je rêve que Franck Ribery est mon prof de barre au sol. Waaa, c'est atroce.

Mercredi: s'il y a bien un truc qui me console, c'est la perspective d'aller remplir mes obligations médicales mercredi prochain, selon un planning-timing super bien ficelé: j'ai tout eu ce que je voulais, le rdv chez le dentiste, celui chez gygy (l'infâme), et celui chez le généraliste. Génial, n'est ce pas? Qu'est ce que j'ai bien booké tout ça, moi... N'est ce pas le moment M pour s'apercevoir que ce mercredi là, on travaille exceptionnellement, et que c'est prévu depuis disons, plus de six mois, qu'on a juste bêtement oublié de l'inscrire sur son agenda tellement qu'on est conne fiable, en général?

Mon occupation immédiate a donc été de rappeler tous ces gentils praticiens, et de décaler les rdv à des heures apéritives (hmmm, perspective d'aller chez le dentiste à 18h45...). Heureusement, ils n'ont pas la même musique d'attente téléphonique. Je connais dorénavant "jardin d'hiver" à la perfection (un couplet, pas la chanson entière, non, ils ne mettent qu'un seul couplet, des fois que cela soit agréable d'écouter la suite), "je ne veux pas travailler" (gygy est un sa-di-que, pourquoi me coller cette litanie dans la tête sinon??) et une mesure d'un morceau technoïde (le généraliste répond vite, pas eu le temps d'en entendre plus).

Jeudi: Ras le bol de toute cette =°%#* semaine, je vais chez le coiffeur. La dernière fois remonte à un an (quand j'avais voulu Quand il avait fallu impérieusement qu'on me coupe comme Jean Seberg parce que plus le choix d'autre chose. Suite à un ratage dans mon exercice "couper ses cheveux seule, easy").

J'ai pas demandé grand chose pourtant, à cette Alison (peut-être Allysson, d'ailleurs): PAS trop couper, PAS de brushing raide comme un piquet, PAS de dégradé impossible.

Allyson n'en n'a fait qu'à SA tête, avec MES cheveux. Très bel escalier, mes cheveux: les marches du Palais des festivals. La matière: des baguettes nord coréennes (n'ont apparemment pas le droit de rebiquer tellement tout est figé raide straight). Le brushing (poua), formid: m'a décollé deux couches de derme + toutes les écailles du cheveu, en un seul passage. Allyson m'a fait promettre de revenir pour des mèches (pouet pouet, quel humour cette jeune fille). Je reviendrai, c'est certain: j'ai oublié mon parapluie, et me suis pris la sauce à 500m de chez moi. Juste le temps nécessaire pour rétablir un désordre humain sur ma tête encore fumante.

En rentrant, je me suis étalée (sur mon canapé, avec une rasade de raide-boulle) et j'ai râlé sur Allysonne dont les capacités d'écoute semblent aussi limitées que mes réserves de patience ces temps ci.

Je me suis réveillée, deux heures après (dans l'indifférence masculine générale, les garçons de la maison ont pris l'habitude de me voir échouée tel un hareng saur sur son banc, ils m'enjambent et hop, l'affaire est dans le sac). J'imagine sans mal ce que va être ma fin de semaine...une boucherie, à n'en point douter. Je suis: cuite, comme une harpiste après un concert.

Demain, si je ne suis pas étalée parallèle au sol une fois de plus, je parlerais de Pâques, et des autres choses réjouissantes que j'ai bien du mal à discerner ce soir, envapée dans mes vapeurs de laque.