BRANLE-BAS DE COMBAT.

Voilà l'été qui se pointe (nous, dans le sud, putaingue, on n'a que deux saisons: l'été, qui dure neuf mois, et l'hiver, qui est trop triste pour qu'on en parle).

Celui-ci a été rude (= j'ai enfin pu mettre tous mes manteaux, à tour de rôle, au lieu de les regarder dans mon armoire), mais un petit courant d'air doux est en train de pointer son nez, ce qui veut dire que dans environ "impact moins deux mois", les jambes seront de sortie. Et ça, les cocos, n'est pas ce que j'appelle une très bonne nouvelle.

Pilates: checked.

Epilationing: checked.

Bronzing: pas checked, mais bronzing= pas chic (oh, ça va, c'est juste que je n'irai jamais dans une cabine à U.V car 1) c'est dangerous, 2) les lunettes sont trop cheum).

Kilo-ing: Tout va bien. ARRRRRRRRRRRRRRRRRRRRGGGGGGGGGGGGGHHHHHHHHH. Tout va bien.

J'ai fait tellement de sport cet hiver que j'ai pris dix livres.

De muscles.

Bizarres, c'est à dire: des Musclocul, des Musclocuisses, mais cela n'arrive qu'aux filles hyper-hyper sportives (=moi), donc c'est normal que vous connaissiez pas.

(D'ailleurs, C., du bureau, pense que ça a surtout une relation avec mes deux pains au choc' de 9h30 (l'heure où mon muscle se réveille et se rend compte qu'il va mourir de faim, et me somme de réagir), mon dessert (celui qui part dans le bol alimentaire*), et selon toute éventualité, avec mes goûters pantagruéliques (j'ai lu dans Sciences for Musclorettes** qu'il fallait ingérer des sucres lents et rapides vers 17h). Pffff, qu'elle est bête, on voit bien qu'elle ne comprend rien au concept du Musclocul. C'est pas toujours facile de vivre entourée de gens incultes, croyez-moi).

Donc, quelque chose me souffle (mon jogging qui devient petit à petit un legging, peut-être? Peut-être) de passer la seconde si je veux aller à la plage, prendre le soleil sans devoir m'acheter dix tubes de crème solaire, rapport à la surface à oindre.

Là, aujourd'hui, j'avais hardiement passé le cap (il était 10:15, j'avais étouffé les cris de mon muscle) et mon directeur, ce charmant, m'a tendu la corbeille de viennoiseries toutes chaudes, "servez vous mon petit". 1) on ne refuse pas une gentillesse qui vient d'un supérieur, c'est très mal. 2) les croissants, je savais d'où ils venaient,  je ne pouvais pas refuser n°2. 3) quand on me dit "mon petit", je comprends instantanément que j'inspire de la compassion, voire une certaine inquiétude, qui sait, et comme "il vaut mieux faire envie que pitié", hein... 4) les filles du bureau auraient été capables de me croire lorsque j'allais dire "non, non, j'en veux pas, finissez". 5) j'avais pas encore réfléchi à tout ça que j'en étais déjà à balayer les miettes de miam- croissants sur mon pull, et j'entendais "ah, vous au moins, vous ne faites pas de chichis..." (?) (??) (???).

Donc nous en sommes là. Enfin, j'en suis là.

 

*Certainement la plus grosse ânerie véhiculée par les articles sur la minceur.

** Un magazine de Médecine scientifique trop pointu, vous pouvez pas vous le procurer, je sais, c'est injuste.

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