Attention, attention, ce n'est pas parce qu'il fait quinze degrés sous le zéro que le printemps n'arrive pas, et avec lui ses promesses de minceur: bientôt la presse féminine succombera sous les kilos perdus, en donnant moults nouveaux conseils pour perdre ses dernières rondeurs avant l'été des peuples.

Comme par enchantement, on devra aller aux urnes dans la même période.

Cette année est différente. Tout le monde se serre déjà la ceinture. Il faudra donc se délester de notre embonpoint, et de notre présidence. Parce que cela va changer, n'est ce pas? On ne peut pas vivre éternellement avec le même régime?

Vous voyez, on est d'accord.

Alors c'est parti: choisis ton camp, l'ami.

Régime communiste (force rouge): adapté au plus grand nombre, il vise la destruction totale (et totalitaire) de la masse grasse, au profit de la masse maigre qui étouffe sous la pesanteur des lois et des impôts. Multiplie les réserves de muscles sous forme de plat unique à partager, et favorise l'élimination des toxines, selon l'adage "qu'elles s'en aillent toutes". Notons que la thermogénèse propre à l'enbrasement des candidats à ce régime augmente le nombre de calories brûlées, il n'est pas rare de voire un Pujadas périr sous les assauts poujadistes d'haricots du sud-ouest. Les produits du Marchais sont la cheville ouvrière des menus quotidiens.

Régime socialiste (force rose): méthode cool, méthode sereine (force tranquille): moins gourmand en énergie, le régime socialiste accompagne une perte d'idéaux illusoires (moins dix kilos en dix minutes, ou trente-cinq heures payées trente-neuf) en douceur. Sont permis: les fromages bataves, à pâte dure, ou à pâte molle (on notera que la pâte molle semble de loin la favorite). Un peu d'Aubry sur un bout de, j'ose, pain, et l'affaire est dans le sac. Ce régime s'appuie très largement sur l'éloignement, le voyage, les déplacements, notez: 96 kilos de masse rose perdus rien en UNE SEULE visite au Sofitel de Time Square.

Régime libéral (force bleue): Assurément le moins fun de tous, un peu "le régime à Pépé", en quelque sorte. Type dissociatif (la graisse d'en bas contre la France d'au dessus), impliquant une grande discipline personnelle, tant dans le respect des consignes alimentaires (pas de week-end en relai et château, pas de Fouquet's avant la prière du soir), que dans l'exercice physique (reprise des entraînements au lendemain d'un accouchement, compétition de karaté entre deux réunions au conseil régional...). Conviendra aux personnes ayant besoin d'être drivées à l'aveuglette, voire: à tâtons, au pif, sans égard pour l'équilibre alimentaire ni bugétaire. Ce régime, drastique et difficile à tenir sur la durée, pille les réserves du corps, épuise les forces vives, mais permet d'affiner l'andouillette triple A qui sommeille en nous.

Régime fasciste (force brune): Facile à distinguer avec sa petite chemise noire et son brassard pro-ana, ce régime est dangereux pour l'organisme, et pour les organes en général. Ne sont autorisés que les plats franco-français métropolitains, quelques wurst (exeptionnellement, pour les repas de type gala-pogrom) sauf la Merkel, saucisse de Hambourg à haute teneur en déchets nucléaires. On pourra croquer quelque chinoiserie de temps à autre (variante Bruno G.). Cette diète préconise l'amincissement par le vide (laxatifs, purges, convois divers). Bien que désuet, il est effrayant de constater la constante augmentation de fervents admirateurs de ces préceptes.

 

Il est interdit de se faire vomir dans les isoloirs, ou de mettre des extraits tyroidiens dans son enveloppe, le sujet est trop important: souvenons nous que rien ne compte plus que la stabilisation, et la poursuite d'objectifs réalistes. Un détraquement durable pourrait avoir lieu, si vous n'y prêtez pas attention...