Bouhhhhhhhh aujourd'hui je ne suis pas allée au bureau. Malheureusement, dirais-je, parce que je préfèrerais douze fois aller bosser que de me trouver dans l'état où je suis: invalidée pour cause de torticolis. Invalidée comme il faut: impossible de lever la tête, et la tourner vers la droite, je sais même plus ce que c'est.

J'ai passé une mauvaise nuit de samedi à dimanche (cauchemars idiots mais vraissemblables, sur fond de mal qui est en train d'apparaître). Vous voyez ce moment où on se sent très vulnérable, genre fragilisé, et où on se dit qu'il ne faudrait pas qu'une cochonceté de virus traîne dans les parages?

Ben ce moment là signifie non pas qu'on est lucide sur notre constitution friable, non, cela signifie que la cochonceté a déjà installé ses meubles dans ton petit corps hospitalier. Trop tard pour éviter, attaque imminente.

Donc j'ai passé une sale nuit, suivi d'une journée aussi pénible qu'on l'imagine: j'ai un torticolis, de type Torticolis Majeur, vraissemblablement contracté au Pilates, à 10h du matin le samedi (c'est ça de faire sa "fraîcheur Narta" en débardeur dans le studio de Pilates, bête...).

Nuit suivante, encore plus moche, assise comme une âme en peine,  j'ai même pleuré tellement j'avais mal + impossibilité de déglutir tant ça causait du tort en appuyant sur mon Torticolis Majeur. Donc pas mangé. Donc pas bu, et ça j'aurais jamais pensé le dire mais: un litre de thé quand t'es malade, c'est le Paradis. J'ai pris trois cachets de paracétamol et 99 granules (sauf que: pas appropriées) ce qui constitue pour moi la version agressive de la médication, chougné parce qu'impossibilité de trouver une position correcte (c'est lourd, une tête, quand les muscles du cou sont contractés) pour faire dodo. J'ai regardé les minutes défiler jusqu'à 5h30 du matin (c'est très long). J'ai tenté de lire un bouquin en restant coincée un quart d'heure sur la même page, à relire les mêmes phrases parce que je les oubliais au fur et à mesure (économique, comme système).

Après j'ai fini par appeller le doc, pour qu'il vienne à mon domicile, et gentiment il m'a filé une ordonnance pleine de grosse artillerie chimique, tout l'opposé de ma théorie que l'homéo, c'est le top du top (=quand on a mal, on prendrait n'importe quoi, c'est tout à fait ce que j'ai fait) que j'ai acceptée, la larme à l'oeil, tellement arrêtez le massacre.

Donc depuis quelques heures où je prends de l'opium en toute légalité, je vais mieux, je ris, je pleure devant le JT de 13h, oui, car je regarde le JT de 13h (je crois que je suis tout bonnement défoncée) j'ai pu reboire du thé, et déjeuner (mon seul repas en 48h) des trucs mous (pas de la soupe, non, du fondant au chocolat et des Björg fourrés au chocolat, car j'ai trop maaaal pour envisager un poireau bouilli). Il faut que je retourne chercher un deuxième médicament pas disponible ce matin (celui destiné à calmer mon Petit Etat d'Excitation -opium-), que j'aille lancer trois trucs au bureau néanmoins, en évitant Chef qui ne veut pas me voir sur mon lieu de travail.

Moralité 1: on cherche toujours à se faire plaindre quand on est malade. On est également susceptible voire, pour ma part, culpabilisée à mort ("beuuuh, je vous ai fait passer un week end pourriiiiii, excuuuuusez-moi les garçons", alors que eux, ça allait bien, merci).

Moralité 2: Aucune maladie n'est plus supportable qu'une autre (donc, je ne dirais plus "Tout sauf la gastro" ou  "Tout sauf le nez bouché". Je dirais plutôt: "Rien").

Moralité 3: quand c'est le muscle qui cause des soucis, on se sent vraiment vieille et rouillée. Et inutile, et incapable, et handicapée parce qu'incapable d'effectuer le moindre geste nécessitant l'usage du bras plus haut que l'épaule. On marche penchée, comme s'il y avait un cabas plein de poireaux au bout du bras. Ferais-je une fixette sur les poireaux?

Moralité 5: les post de maladie sont hypers chiants à lire, en revanche il m'a donné l'impression de ne pas avoir complètement flingué ma journée.

Moralité 6: qu'est ce que ça secoue l'opium...

Soignez vous.